Bilan ARECAP 2016 - Interview Mosaïque FM du 7 décembre

Interview réalisé par Marc Duflot le 7 décembre 2016

 


ARECAP : Bilan de la première saison de traitement des palmiers (juin à novembre 2016)


Depuis la première réunion publique d'information le 26 novembre 2015, nous avons réussi à lancer la première lutte collective public/privé en France de cette ampleur pour sauver les palmiers grâce à l'engagement de Nello Broglio, vice-président de la CAVEM, chargé de l'Environnement, qui a compris l'enjeu environnemental et économique pour notre Communauté d'agglomération et pour tout le littoral méditerranéen.
2700 palmiers traités dont 2200 palmiers privés et 1200 propriétaires inscrits au plan de lutte triennal ARECAP !
Nous aurions pu faire beaucoup plus si nous avions reçu l'aide et le soutien que nous avions demandés par lettre ouverte au Ministère de l'agriculture le 1er juillet 2016.

Les résultats observés sur Fréjus sont très encourageants : en septembre 2015  sur les 350 palmiers Phoenix canariensis appartenant à la Commune, 240 palmiers avaient été injectés (traités par endothérapie avec du Revive) dans une situation d'urgence puisque 150 foyers d'infestations avaient été déclarés sur la commune et 50 palmiers étaient morts cette année là. Lors de la réunion du 17 novembre dernier, Yves Plancq, responsable des Espaces verts de la Ville estimait que le taux de réussite sur ces 240 palmiers était de 95%, ce qui n'était déjà pas si mal.

En 2016, toujours sur Fréjus, 337 palmiers, dont 253 Phoenix canariensis, ont été injectés dans le cadre d'ARECAP (38 de ces palmiers étaient soit infestés, soit avaient déjà été assainis, soit étaient suspectés d'infestation),  9 cas d'échecs (palmiers infestés) ont été relevés. Pour l'instant le taux de réussite est de 97,3%. C'est donc un résultat assez remarquable compte tenu de la situation et qui confirme l'efficacité du traitement retenu.

La CAVEM a démontré, puisqu'il s'agissait d'une démonstration, que tout est encore possible pour sauver les palmiers qui restent à condition qu'il y ait une réelle volonté politique à tous les niveaux. Il est inconcevable que le Ministère ne fasse rien pour nous aider à généraliser cette opération à tout le littoral méditerranéen.
Ce serait alors une catastrophe environnementale sans précédent et un véritable scandale !
Certes la DRAAF (Direction régionale de l'alimentation et de l'agroalimentaire) nous a fait savoir lors de la réunion du 17 novembre à Saint-Raphaël qu'elle soutenait des actions comme ARECAP, mais les textes sont pour le moment inchangés, les points bloquants ne sont toujours pas levés et les tergiversations se poursuivent pendant que les palmiers meurent par milliers !


Au niveau Régional, Christian Estrosi a fait de la lutte pour la Sauvegarde des palmiers l'une de ses priorités. Très bien ! Mais c'est dès le printemps prochain que les luttes collectives doivent être organisées partout sur le littoral méditerranéen. Alors après les déclarations d'intention passons aux actes rapidement Monsieur le Président !

Avec ARECAP nous avons montré l'un des chemins qu'il faut suivre. Il ne faut pas croire que tout était facile ! Nous n'avons pu bénéficier que de très peu de moyens cette année alors qu'un travail considérable a déjà été fait ! Il reste encore beaucoup à faire et ce ne sera possible qu'avec la bonne volonté et le soutien de tous : de la DGAL, de la DRAAF, du SRAL, de la FREDON, de la Région, de la CAVEM. Il faut aussi que la firme Syngenta, dont on reconnaît l'effort commercial consenti cette année et qui a permis de lancer ARECAP,  accepte de quitter son rôle de fournisseur pour devenir un véritable partenaire dans ce combat et qu'elle abandonne ce monopole commercial stupide et immoral sur des traitements qui pourraient sauver les palmiers. Stupide car chaque année elle abandonne des parts de marché de plus en plus importantes aux charançons en freinant l'organisation des luttes collectives et immoral car les professionnels, qui ont fait l'effort pour obtenir les agréments nécessaires de la DRAAF pour pouvoir traiter les palmiers en zones contaminées et qui se sont occupés de nos palmiers pendant des années, n'ont pas la possibilité d'effectuer les injections au Revive s'ils ne sont pas commissionnés par Syngenta.

Nous espérons vivement que la préparation, la communication et l'organisation des chantiers pour la campagne de traitement 2017 permettent d'inciter encore beaucoup plus de propriétaires à s'inscrire pour faire traiter leurs palmiers, afin que cette campagne 2017 puisse démarrer dès le mois de mars et que la lutte collective soit enfin généralisée à l'ensemble du littoral méditerranéen.