Le piégeage sans stratégie collective et intégrée..une illusion !

Vous trouverez ci-dessous le résumé du deuxième article de Michel Ferry concernant le piégeage comme moyen de lutte contre le charançon rouge (suite) . Il s'agit de la critique d'un article sur l'utilisation du piégeage massif.

Rappelons que pour Michel Ferry seule une lutte collective massive organisée pour qu'une majorité de palmiers soient traités très rapidement peut permettre en quelques années (idéalement 3 ans) d'arriver à éradiquer le charançon et ainsi sauver les palmiers. Toutes les luttes individuelles menées par des collectivités ou des particuliers depuis 2010 ont abouti à un échec. Lorsqu'il parle de lutte collective, il s'agit bien entendu de lutte intégrée au sens que lui donne V.A. Abraham en 1998.

Sa stratégie dérange tous ceux qui se sont installés confortablement dans un business lucratif autour du traitement des palmiers et qui n'ont aucune envie de le voir péricliter. Il dérange également tous ceux qui sous prétexte de répondre aux sirènes du zérophyto encouragent les collectivités à persister dans leur position dogmatique et illégale sur les traitements en leur proposant de se lancer dans le piégeage massif comme substitut à leur responsabilité d'organiser une lutte collective sur leur territoire. Qu'elles n'oublient pas cependant qu'elles auront à répondre de la perte du patrimoine végétal de leurs concitoyens.

Ils ont pris conscience qu'en détournant le principe de la lutte intégrée (IPM) contre le charançon rouge, qu'ils semblent avoir découvert récemment, ils pourraient convaincre plus facilement des décideurs, en profitant de leur crédulité pour les engager dans du piégeage massif comme moyen de lutte contre le charançon. Le responsable d'une association de sauvegarde des palmiers, qui s'est  engagé dans cette voie scabreuse avec des partenaires commerciaux écrivait : "on va faire un tabac !" ( à 15€ de bénéfice par piège avec phéromone, on peut le comprendre ! ) Mais où se trouve l'intérêt des propriétaires de palmiers?

Au risque de nous répéter, si le piégeage massif n'est pas précédé et accompagné du traitement préventif des palmiers sains ou asymptomatiques, de l'assainissement ou de l'abattage des palmiers infestés, il ne servira à rien et conduira à un nouvel échec avec les conséquences prévisibles. Par contre c'est un outil complémentaire indispensable dans le cadre d'une lutte collective et intégrée, incluant bien entendu le traitement d'une majorité de palmiers publics et privés.

La confusion dans les esprits a été aggravée par l'appel à manifestation d'intérêt lancé par le Conseil régional dans le cadre du "Plan régional pour la sauvegarde des palmiers" lancé le 7 avril 2017, en décidant "- d’accompagner les collectivités dans leurs approches expérimentales, innovantes et préventives de sauvegarde des palmiers c’est-à-dire hors traitement conventionnel et hors obligations réglementaires issues de l’arrêté du 21 juillet 2010 " Nous le disions dans un article précédent concernant ce Plan régional , il s'agit là d'une prime à l'illégalité pour certaines collectivités, un cas inédit en France : une Région appelle ouvertement à transgresser les lois de la République! Il est pour le moins curieux que des décideurs n'aient pas compris qu'il y avait une urgence extrême à organiser une lutte collective et intégrée pour sauver les palmiers publics et privés et que le temps n'est plus aux innovations et aux expérimentations hasardeuses, qui ne peuvent que nourrir les espoirs de tous les esprits mercantiles à l'affût  !

Si nous pouvons nous féliciter des recherches et des expérimentations qui peuvent se poursuivre dans des laboratoires scientifiques afin de mettre au point des traitements biologiques qui pourront prendre le relai des traitements chimiques, aujourd'hui encore, ils sont les seuls suffisamment efficaces pour lutter contre le charançon rouge. Il est incompréhensible que ces expérimentations soient effectuées en milieu urbain qui par définition ne peut être ni contrôlé scientifiquement ni correctement délimité alors même que les produits et les méthodes utilisées ne sont pas légalement autorisées pour cet usage. Ce qui est le cas des épandages par drones du Beauveria Bassiana (nous y reviendrons dans un prochain article) et du piégeage massif.

 

 

Le piégeage sans stratégie collective et intégrée  ...une illusion !

Réponse aux affirmations infondées de Mohamed Dhouibi sur l’efficacité du piégeage de masse pour contrôler le CRP - Analyse critique de l’article publié le 19/8/2016 dans la revue International Journal of Agriculture Innovations and Research (IJAIR).


- Tout d'abord, nous notons que l’IJAIR est classée dans la liste des revues prédatrices. Ces revues sont peu exigeantes sur la qualité scientifique des articles qui leur sont soumis. Ils y sont publiés sans contrôle préalable d’un comité de relecture constitué de scientifique de compétence reconnue dans le domaine traité. Enfin, les auteurs payent pour être publiés.


- Cet article contient des informations qui dénotent non seulement une assez grande méconnaissance du CRP par M. Dhouibi mais également une ignorance évidente de la documentation scientifique disponible sur ce ravageur. Autant le premier point peut se comprendre étant donné le manque d’expérience de ce chercheur sur cette question. (Ses premiers travaux publiés ne remontent qu’à deux ans), autant le second n’est pas excusable.

 
- C’est ainsi que M. Dhouibi affirme que le succès du piégeage massif pour contrôler le CRP a été établi dans plusieurs pays y compris la Tunisie. C’est tout à fait faux ! La réunion FAO de Rome, en mars 2017, a rappelé que, pour que la lutte soit efficace, le piégeage doit être impérativement associé aux autres volets de l’IPM que sont l’inspection pour la détection précoce, l’assainissement ou l’éradication des palmiers infestés et les traitements préventifs.


- Cet article comporte de nombreuses erreurs, imprécisions et contradictions graves tant au niveau méthodologique qu’au niveau de l’analyse des résultats. L’analyse complète de ces erreurs est disponible ici.


- Le plus problématique est le résumé qui présente une faute majeure d’objectivité scientifique et de cohérence avec les résultats et la conclusion même de l’article. Les auteurs : les auteurs comparent le diffuseur de phéromone de la société M2I avec ceux de deux autres sociétés mais ils ne fournissent que les résultats en faveur de la société M2I et non ceux, pourtant plus nombreux, qui montrent que le diffuseur M2I capturent trois fois moins de CRP que celui de la société ISCA.
Cet article jette un discrédit profond sur les affirmations de M. Dhouibi relative à l’utilisation du piégeage de masse dans la lutte contre le CRP.