Résultats ARECAP 2025 : la lutte collective contre le charançon rouge continue en 2026.
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- Publication : dimanche 22 mars 2026 21:24
Résultats ARECAP 2025 : la lutte collective intégrée contre le charançon rouge continue en 2026.
Pour mémoire, ARECAP (Action en réseau pour l’éradication du charançon rouge et l’assainissement des palmiers) est la première lutte collective intégrée organisée en 2016 à l’échelle d’un territoire par la Communauté d’Agglomération regroupant les communes des Adrets, Fréjus, Puget sur Argens, Roquebrune-sur-Argens et Saint-Raphaël sur les conseils scientifiques de Michel Ferry et en partenariat avec l'association PROPALMES83 .
Elle est fondée sur la Stratégie prônée par Michel Ferry dès 2008 (actualisée en 2015 suite à l’autorisation du traitement préventif par injection mis au point par la Station de Recherche Phoenix) sur les principes de la lutte intégrée contre les nuisibles.
La lutte collective intégrée s’appuie sur :
- l’utilisation d’un traitement préventif efficace, non contraignant, accessible à tous (prix forfaitaire négocié) avec un risque acceptable pour l’environnement (pas de dispersion du produit dans l’environnement) ;
- la surveillance régulière de l’état sanitaire des palmiers et l’assainissement, étêtage ou abattage des palmiers infestés ;
- un réseau de piégeage de masse pour la surveillance de la population et la capture des charançons agissant en complément du traitement préventif ;
- l’arrêté du 25 juin 2019 ( cet arrêté abrogé au 1er novembre 2025 est remplacé pour la saison 2026 par l’arrêté préfectoral pour la Région Paca publié le 13 janvier 2026 ).
- les résultats d’une étude scientifique de Michel Ferry publiés lors de la conférence de la FAO à Bari en octobre 2018 montrant qu’il est possible d’arriver à l’éradication du charançon à condition que 75 % des palmiers les plus vulnérables (Phoenix canariensis /palmiers des Canaries et Phoenix dactylifera/ palmiers dattiers soient traités préventivement simultanément pendant 3 à 5 ans).
ARECAP est une démonstration scientifique conduite par le Service de Lutte contre les nuisibles d’Estérel Côte d’Azur Agglomération avec pour objectif de vérifier :
- que la lutte collective est acceptable par un grand nombre de propriétaires de palmiers ;
- que la lutte collective est réalisable au niveau d’un territoire ;
- l’efficacité du traitement par injection et les conditions de son application :
Résultats de la campagne de traitement ARECAP constatés à fin 2025
1974 propriétaires privés ont participé à la lutte collective.
5288 palmiers ont été injectés dont 3891 Phoenix ce qui est remarquable mais reste encore insuffisant pour obtenir la régression soutenue du CRP (mesurable entre autres par l’évolution du nombre de captures dans les pièges).

L' efficacité de le lutte collective est évaluée chaque année en analysant, d’une part les constats de l’état sanitaire des palmiers enregistrés et suivis par les applicateurs et d’autre part l’évolution de la population des charançons d’après les relevés des captures dans un réseau de plus de 1051 pièges dont 1/3 sont gérés par des propriétaires privés bénévoles.
Efficacité du traitement par injection
L’efficacité du traitement est analysé en comptabilisant les « échecs apparents ». Les échecs apparents correspondent à une dégradation de l’état sanitaire des palmiers constatée l’année N+1 par les applicateurs de l’injection l’année N lorsque cette dégradation ne peut-être attribuée à une cause externe au traitement et à condition que les palmiers aient été injectés à moins de 13 mois d'intervalle. (Les palmiers infestés, une fois correctement assainis et traités sont considérés comme sains.)

Globalement le taux d’échecs apparents moyens constatés en 2025 par les applicateurs sur les palmiers traités en 2024, est :
- de 2,08 % toutes espèces confondues ;
- de 2,86 % pour les Phoenix canariensis / palmiers des Canaries ;
- de 0,34 % pour les Phoenix dactylifera / palmiers dattiers pour lesquels on constate une amélioration de la situation sanitaire par rapport à 2024.
- le taux d’échecs des Washingtonia reste très faible car peu attaqués par le charançon, alors qu’il est de 1,94% pour les palmiers privés « autres espèces » qui resteront à surveiller en 2026.
A noter que le taux de mortalité constaté par les applicateurs pour les palmiers des Canaries, les plus sensibles aux charançons était de 1,2 %. Ce qui reste très faible par rapport aux résultats constatés dans d’autres communes et démontre la bonne efficacité du traitement par injection et de la lutte intégrée.
Surveillance de l’état sanitaire des palmiers sur le territoire.
Lorsque des palmiers infestés sont repérés sur le territoire soit lors des différentes missions des techniciens du service LCN soit lorsqu’ils ont été signalés par des tiers, le service LCN prend alors contact avec les propriétaires pour les conseiller et les inviter à faire traiter rapidement leurs palmiers afin d’éviter la prolifération des charançons ;
Evolution de la population de charançons rouges de 2017 à 2025
Elle est analysée avec les relevés des captures dans un réseau de plus de 1051 pièges dont la maintenance et les relevés des captures sont effectués par le service LCN (Lutte contre les nuisibles) de la Communauté d’agglomération et en partie par les propriétaires privés bénévoles associés à l’opération grâce à la contribution de la Région Sud et à la participation de le société BERGON pour la fourniture des 2 opérations 500 pièges l’une en 2018 et l’autre en 2021 et des phéromones à prix négocié.
Parmi ces pièges, 51 étaient posés en 2017 et servent de référence pour mesurer l’évolution de la population.
L’analyse des moyennes annuelles du nombre de charançons capturés mensuellement par piège sur la période avril-novembre montre une chute très significative de la population de charançons entre 2017 et 2021

moyenne par piège et par relevé normalisée à 1 en 2025 ( valeur en 2017 = 2,40 / valeur en 2025 = 0,27)
La courbe de décroissance, très rapide les 3 premières années, est conforme aux prévisions annoncées par Michel Ferry ( conférence FAO à Bari en Italie 25 octobre 2018) et démontre la pertinence de sa stratégie.
Le niveau relativement constant des captures les années suivantes traduit la présence de foyers résiduels sur le territoire ou à partir de foyers proches des communes voisines.
Réduire les foyers résiduels pour faire baisser la population de charançons rouges dans l’environnement.
Il faut :
1) que les propriétaires de palmiers et les autres communes de la région PACA s’engagent dans la même démarche de lutte collective afin d'arriver à une réduction pérenne de la population des charançons rouges sur l’ensemble du territoire régional. Le nouvel arrêté préfectoral du 13 janvier 2026 (site de la Draaf-PACA - lutte contre le charançon rouge) maintient la lutte obligatoire contre le charançon rouge sur tout le territoire de la région. Il donne à tous les propriétaires de palmiers la possibilité de faire traiter préventivement leurs palmiers, quelle que soit la stratégie mise en œuvre dans leur commune. Mais les communes peuvent également s'engager dans la lutte collective pour faire baisser très rapidement la population des charançons rouges et permettre enfin son éradication en quelques années ;
2) que les propriétaires de palmiers surveillent très attentivement et très régulièrement (au moins une fois par mois) l'état sanitaire de leurs palmiers pour pouvoir détecter, le plus tôt possible, une infestation éventuelle et si nécessaire les faire assainir très rapidement pour éviter la dissémination de nouveaux charançons.Il faut être conscient que les signes visibles n’apparaissent que plusieurs mois après le début d'une infestation. La survie du palmier dépend de la rapidité avec laquelle une infestation sera traitée.
( A noter que tous les professionnels agréés par la Draaf pour lutter contre le CRP peuvent conseiller ou pratiquer un assainissement, un étêtage, voire l'abattage d'un palmier qu'il serait impossible de sauver, sans être obligés de passer par un applicateur ARECAP).
3) que les propriétaires de palmiers qui participent à ARECAP continuent à faire traiter préventivement leurs palmiers avec les produits autorisés suivant les modalités de l'arrêté préfectoral.
Le succès de la lutte collective dépend de l’action simultanée du plus grand nombre ! L’abandon des traitements préventifs ouvre malheureusement de nouvelles possibilités aux charançons de proliférer et retarde d’autant son éradication du territoire.
ARECAP, que faire après 10 ans ?
Compte tenu de la baisse significative de la population de charançons et après 10 ans de lutte et de traitements par injection dans le cadre d’ARECAP certains propriétaires se posent certainement la question !
Tant que la lutte collective ne s’est pas généralisée à l’ensemble du territoire régional, et donc aux communes limitrophes, l’arrêt des traitements préventifs serait préjudiciable et ruinerait les efforts consentis par tous.
Il est préférable de poursuivre les traitements préventifs conformément aux dispositions de l’arrêté du 13 janvier 2026 soit avec les produits de biocontrôle soit par injection. En ce qui concerne les produits de biocontrôle nous conseillons d’opter pour les nématodes car mieux adaptés pour le traitement des palmiers des Canaries de plus de 2m de stipe (voir notre article « Lutte collective intégrée, seule stratégie possible contre le charançon rouge ! - § 5 -Avantages et inconvénients des produits autorisés en lutte collective ? »)
Les blessures infligées à un palmier infesté par les larves du charançon rouge lui font courir un risque mortel et de sécurité public. Il est donc, dans tous les cas, primordial de surveiller l’état sanitaire des palmiers pour faire traiter une infestation par un professionnel agréé dès l’apparition des premiers signes visibles détectables (voir notre article : « Charançon rouge : surveillance et traitements préventifs des palmiers !»)
