Collectif Méditerranéen pour la Sauvegarde des Palmiers (CMSP)

Avantages et inconvénients des produits autorisés

pour traiter les palmiers contre le charançon rouge

 

1-Les nématodes (traitement par « arrosage ou douche »).

1.1 Caractéristiques et mode d’action.

Les nématodes (Steinernema carpocapsae), sont des vers microscopiques vivants, capables de se déplacer, lorsque l’humidité est suffisante, dans les interstices entre les restants de palmes et dans les caries. Pour rester en vie ils doivent atteindre rapidement leurs cibles. Ils pénètrent dans leurs orifices naturels en libérant des bactéries qui les tuent par septicémie en quelques jours. Les nématodes s’y reproduisent lorsque les conditions de température et d’hygrométrie restent favorables. Ils sont efficaces contre les adultes du CRP et du PA (papillon Paysandisia archon), contre les larves du PA dans leurs galeries. Par contre ils peuvent difficilement atteindre les larves du CRP vivantes à l’intérieur des tissus sains du palmier.

1.2 Contraintes liées aux conditions d’emploi.

 Ils se conservent uniquement en réfrigérateur, et ne supportent ni la chaleur ni la sécheresse. La solution aqueuse d’épandage ne doit pas être préparée plus d’une 1/2 heure en avance pour qu’ils restent en vie et ils doivent être appliqués dans des conditions de température entre 12 et 30°, à la naissance des palmes après avoir humidifié le palmier.

La durée de vie des nématodes et donc la rémanence mais aussi l’efficacité du traitement va dépendre en grande partie des conditions d’hygrométrie et de température pendant le stockage et le transport (les achats de nématodes par internet sont à proscrire !) mais aussi avant (préparation), pendant et après l’application. Les nématodes sont sensibles aux UV. Le risque d’échec le plus fréquent est donc de faire un traitement avec des produits inertes. En effet, les nématodes meurent rapidement s’ils ne trouvent pas leurs cibles, si l’humidité est insuffisante ce qui est souvent le cas en été, ou s’ils restent exposés au soleil.

La concentration de la solution préconisée est de 5 millions de nématodes par litre d’eau. Une dose « commerciale » de 50 millions de nématodes est donc à diluer dans 10l d’eau, nécessaires pour traiter 1 palmier Phoenix de 2m de stipe ou plus.

Le traitement par « arrosage ou douche » doit être renouvelé au minimum tous les 21 jours. Il nécessite des moyens d’application appropriés (arrosoir, pulvérisateur ou dispositif professionnel ) et peut nécessiter l’utilisation de nacelles pour les palmiers de plus de 2m de stipe.

Le nombre d’interventions à prévoir dans l’année est un handicap important pour le traitement des palmiers des résidences secondaires dans le cadre d’une lutte collective.

1.3 Contraintes liées au respect de l’environnement.

Les nématodes sont considérés comme des macro-organismes, sans risque particulier pour l’environnement.

1.4 Risques pour les palmiers. 

Aucun si ce n’est le risque d’infestation du palmier compte tenu d’une efficacité insuffisante, liée à sa faible rémanence et aux conditions de température et d’humidité difficiles à respecter dans la zone méditerranéenne, en présence d’un taux d’infestation important.

1.5 Coût du traitement annuel par palmier.

Les nématodes sont disponibles en vente libre dans les jardineries spécialisées sous différents noms commerciaux. Il faut compter environ 30€ pour une dose de 50 millions de nématodes.

Prévoir un coût de 50 à 150€, pour le traitement d’un palmier par un professionnel, le prix étant dégressif en fonction du nombre de palmiers à traiter mais peut augmenter en fonction de la difficulté à pouvoir atteindre la partie apicale du palmier et les moyens à mettre en œuvre (nacelle par exemple) pour son application. En multipliant par le nombre de traitements (8 à12) à effectuer de mars à novembre, le prix de revient moyen serait de 400 à 1000€ TTC par an/palmier pour des particuliers.

A noter que certaines collectivités pratiquent des traitements mixtes en alternance (nématodes et Beauveria bassiana) suivant les conditions climatiques voir Beauveria-Bassiana ci-dessous.

 

2- Le champignon Beauveria bassiana (traitement par saupoudrage).

2.1 Caractéristiques et mode d’action.

 Le Beauveria bassiana est un champignon entomopathogène filamenteux que l'on trouve dans les sols (à des concentrations beaucoup plus faibles) et qui parasite un grand nombre d’espèces d’insectes volants. Les spores se fixent et germent sur la cuticule et le champignon, sous forme de mycélium, pénètre dans le corps des insectes qu'il tue en quelques jours. La moisissure blanche (muscardine) se développe sur le corps de l’insecte mort et produit de nouvelles spores qui peuvent alors infecter d'autres insectes par contact. L’effet pathogène du Beauveria contre le CRP a été découvert il y a plus de 25ans.

Le Beauveria bassiana agit par contact. Il peut être également efficace sur des larves ou des adultes à condition bien sûr que ses spores puissent les atteindre. Dans le cas du CRP, il est donc indispensable que les microgranulés supportant les spores atteignent les bases des palmes centrales qui constituent la zone où viennnent s'abriter les charançons mâles et où les femelles effectuent leur ponte sur les palmiers de plus de 2 à 3 mètres de hauteur. Par contre les spores ne peuvent atteindre les larves qui se trouvent protégées à l’intérieur des tissus sains. Par ailleurs, chez le palmier, contrairement à d'autres espèces de plantes, la possibilité pour le Beauveria de se développer à l'intérieur des tissus (développement endophytique) est inexistante. Le seul développement observé de manière expérimentale se limite à quelques cm et à condition d'avoir réalisé une blessure préalable de l'épiderme.

Seules les souches du Beauveria bassiana qui disposent d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l’usage 00002009 sont autorisées pour le traitement des palmiers contre le CRP.

 

2.2 Contraintes liées aux conditions d’emploi..

Pour les petits palmiers, l’infestation démarre en général à la base des restes de pétioles sur le tronc, il est assez facile d’appliquer efficacement le traitement mais, par contre, pour les palmiers de plus de 2m de stipe le saupoudrage du produit à la base des palmes nécessite un outillage particulier : perches ou nacelles et une certaine dextérité pour éviter de perdre du produit dans les entrelacs des pinnules acérées qui arment les bases des palmes des Phoenix canariensis. La dose maximale de 300g, autorisée par traitement est insuffisante pour espérer atteindre et protéger efficacement l'ensemble des sites de ponte sur les grands palmiers!

Le traitement est à renouveler tous les 21 jours avec un maximum de 7 applications autorisées par an pendant la période de vol du charançon (documentation Arysta LifeScience pour le produit ARY-0711b-01).

Les 7 applications seront insuffisantes et des traitements complémentaires avec des nématodes seront nécessaires pour tenter de protéger les palmiers pendant toute la période de vol du charançon (dès que la température diurne atteint ou dépasse 18°C).

Certains ont pensé pouvoir remplacer les traitements avec des nématodes, lorsque en été, les températures dépassent 30°, par des traitements au Beauveria bassiana. Mais l’efficacité du champignon est fonction de l’humidité et diminue lorsque la sécheresse augmente.

Dans tous les cas il faudrait un minimum de 10 traitements de mars à novembre (Beauveria ou nématodes ou une alternance des deux suivant les conditions climatiques).

Conditions de stockage = moins de 12 mois à moins de 20°C. (Contrainte à respecter par les distributeurs et professionnels).

 

2.3 Contraintes liées au respect de l’environnement.

 Bien que les produits à base de Beauveria bassiana soient des produits de biocontrôle, iI n’en demeure pas moins que ce sont des produits phytopharmaceutiques insecticides qui présentent certains risques pour l’environnement, y compris la santé des personnes et des animaux dont les abeilles.

Leur utilisation est soumise au respect des conditions d’emploi prescrites par l’Anses voir son site Internet : ephy-anses-fr pour les produits de la société Arysta Life Science « SERENISIM » ARY-0711B-01 souche 111 (AMM 2180058) et « OSTRINIL » souche 147 (AMM9300093).

 Les principales contraintes imposées sont rappelées succinctement ci-dessous :

 - Protection des personnes : peut provoquer des réactions allergiques soit par contact avec la peau soit par inhalation ) – ne pas utiliser par des personnes immunodéprimées ou sous immunodépresseurs ;

 - Délai de rentrée de 6h : ( laps de temps pendant lequel le site de traitement doit être interdit d’accès au public) ; Cette contrainte rend difficile les traitements en milieu urbain. Elle est pratiquement impossible à appliquer dans les propriétés privées ! ):

 - Protection des organismes aquatiques : respecter une zone non traitée de 5m par rapport aux points d’eau ;

 - Protection des oiseaux et des mammifères sauvages : récupérer tout produit accidentellement répandu ( Cette contrainte impose de ramasser le produit, qui tombe au sol . Ceci dit on ne voit pas pourquoi les oiseaux se priveraient de celui qu’ils peuvent trouver directement sur l’arbre !) Les experts de l’EFSA considèrent ce risque comme étant faible).

 - Protection des abeilles : dans leurs rapports sur les souches 147 et NPP 111 (Peer review EFSA doi:10.2903/j.efsa.2015.4261 et doi:10.2903/j.efsa.2015.4264), les experts européens de l’EEFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments ) considèrent que le Beauveria bassiana présente un risque important pour les abeilles ; « A high risk to honeybees was concluded for the representative field use to palm trees »

L’Anses précise dans son AMM les dispositions à prendre pour limiter ce risque :

« Emploi autorisé en période de floraison et de production d’exsudats en dehors de la présence des abeilles » .

(Cette contrainte impose de traiter 2h avant le coucher du soleil et 3h après. Elle surenchérit considérablement le coût des traitements pour les propriétaires lorsqu’elle est respectée puisque les traitements doivent alors se faire en soirée , en dehors des heures de travail habituelles.

Par ailleurs, le produit sous forme de microgranulés n’est pas liquide et ne s’imprègne donc pas dans les tissus du palmier. Au lever du jour, soit il est toujours présent et le risque pour les abeilles persiste, soit il est tombé avec le vent et devrait être ramassé et dans ce cas il n’est plus efficace contre le CRP.).

Laisser croire avec cette« Mention abeille » que certains insecticides sont moins dangereux pour les abeilles, uniquement parce qu’ils sont d’origine biologique serait de nature à tromper les utilisateurs et l’opinion publique car tout dépend de leurs caractéristiques, de leur mode d’action et de leur mode d’application. Cela desservirait l’objectif du zérophyto que nous défendons par ailleurs.

 

2.4 Coût d’un traitement annuel pour un palmier.

 Les traitements ne peuvent être réalisés que par des professionnels agréés dont la liste est publiée sur le site de la Draaf -Paca (Santé des végétaux / Charançon rouge du palmier) et nécessiteront l’utilisation de perches ou nacelles pour les palmiers de plus de 2m de hauteur de stipe.

Le coût sera sensiblement le même que pour le traitement par un professionnel avec des nématodes (voir§ 1.4 ci-dessus).

Le prix du traitement étant, bien entendu, à multiplier par le nombre d’interventions pendant la période de vol du charançon soit, comme pour les nématodes, il faut compter un prix de revient entre 400 et 1000€ par an/palmier pour des particuliers.

En dehors du coût, le nombre d’interventions à prévoir dans l’année est, là aussi,un handicap très sérieux pour le traitement des palmiers des résidences secondaires dans le cadre d’une lutte collective d’autant que ces résidences ne sont souvent accessibles qu’en été.

 

2.5 Risques pour les palmiers traités.

 Aucun si ce n’est le risque d’infestation du palmier par le CRP compte tenu de l’efficacité « variable et partielle » du traitement.

L’efficacité du Beauveria bassiana contre le charançon constaté dans les coupelles de laboratoire, que ce soit sur les adultes ou sur les larves,ou dans des expérimentations sur le terrain sur des petits palmiers ne prouve nullement son efficacité sur les grands palmiers Phoenix canariensis de plus de 2m de stipe, les plus vulnérables. Il est regrettable que nous n’ayons pu trouver aucune documentation scientifique à ce sujet.

Les conséquences catastrophiques de l’expérimentation hasardeuse de la souche NPP111 qui a conduit à la perte de la plupart des palmiers patrimoniaux du Parc Vigier à Nice en 2017 étaient elles bien visibles (voir notre article "Beauveria: produit miracle ou poudre aux yeux ?")

 

 

3- Le Revive (traitement par injection).

3.1 Caractéristiques et mode d’action.

 L’émamectine benzoate (Emab) est un insecticide de synthèse qui agit par contact et par ingestion et détruit les insectes par effet neurotoxique.

Il est utilisé comme substance active dans différents produits insecticides. La molécule de l’Emab se dégrade très rapidement à la lumière. Utilisée en pulvérisation sur des légumes ou des fruits comme par exemple contre les chenilles, sur les artichauts ou les fruits à pépin le délai avant récolte (DAR) est de 3 jours. Par contre lorsque le produit est injecté à l’intérieur d’un arbre, à l’abri de la lumière, sa rémanence peut atteindre plusieurs mois.

Aux USA la technique de l’injection est utilisée depuis de nombreuses années pour traiter des milliers d’arbres contre l’Agrile du Frêne ou les nématodes du Pin avec le produit « Tree äge » de Syngenta à base d’émamectine benzoate distribué par Arborjet et en vente sur internet à tous les professionnels agréés aux USA.

 Dès 2006, Michel Ferry, (alors chercheur de l'INRA, et directeur de la Station Phoenix à Elche (Espagne) et sa collègue Susi Gomez, expérimentent divers insecticides et techniques d'injection à la recherche d'une solution pratique, sûre et aussi économique que possible pour qu'il devienne réaliste de proposer, dans le cadre d'une stratégie de lutte collective et intégrée, le traitement préventif rapide et à grande échelle de la majorité des Phoenix canariensis des zones infestées. Dans le cadre d'une collaboration avec la société Syngenta, ils établissent qu'une formulation non diluée d'Emab dosée à 4% (équivalent du "Tree äge" aux USA) injectée à hauteur d'homme dans 4 trous à raison de 50 ml par palmier permet de protéger pendant environ 12 mois des Phoenix canariensis de 8 m de haut avec une très grande efficacité.

En traitement par injection, la formulation des produits phyto est un élément critique. Utilisée dans cette formulation, l'émamectine benzoate migre jusqu'à la base des palmes à une concentration suffisante (elle est efficace à très faible dose) pour tuer les larves à un stade jeune (néonatales ou aux tout premiers stades larvaires). La progression du produit, injecté à la base du stipe, est d'une durée variable de quelques heures à une quinzaine de jours en fonction des conditions climatiques (évapotranspiration) et de la hauteur du palmier. L'infestation est immédiatement stoppée, ce qui conduit à considérer ce traitement comme préventif et de longue persistance. (A noter qu'en traitement curatif, pour parvenir dans la zone d'infestation à une concentration suffisante pour tuer des larves à des stades plus avancés, l'injection doit être réalisée suffisamment près, à environ 1m sous la couronne foliaire). Enfin, par rapport aux traitements phytosanitaires classiques, le gros avantage de la technique d'injection, en plus de son coût et de sa facilité d'emploi est que l'insecticide injecté dans le stipe, est sans aucun contact avec l’extérieur et donc sans impact direct sur l’environnement (voir §3.3).

Néanmoins, ce produit doit être utilisée avec précaution car la substance active présente des risques sur la santé humaine pour les applicateurs lors des manipulations et, en conséquence, il ne peut, être appliqué que par les professionnels agréés par la Draaf-Paca pour le traitement des palmiers contre le CRP et parmi ceux-ci, seuls les professionnels sous contrat avec la société Syngenta qui s’est réservé le monopole du « Tree Care » ont la possibilité de réaliser ce traitement par injection. Contrairement à ce que Michel Ferry espérait, nos différentes démarches auprès des autorités n’ont pu malheureusement aboutir à la mise à disposition du produit pour tous les professionnels agréés.

 La société Syngenta, après modification de la formulation de l’adjuvant exigée par l’Anses pour le Revive 1 a obtenu l’ AMM n°2180226. Voir la fiche du Revive 2 sur le site ephy de l'Anses . La concentration en matière active a été doublée (95g/l au lieu de 49,2g/l)) et la quantité de produit réduite (21ml au lieu de 50ml par palmier).

L’efficacité du traitement a été démontrée sur des milliers de palmiers Phoenix canariensis dans le cadre de la lutte collective intégrée ARECAP menée par la Communauté d’Agglomération Estérel Côte d’Azur depuis 2016.

Voir notre article. "Résultats ARECAP 2025 : la lutte collective contre le charançon rouge continue en 2026"

 

3.2 Contraintes liées aux conditions d’emploi.

L’injection est réalisée une fois par an, de préférence au printemps, à hauteur d’homme, sans besoin d’engins de levage, dans 4 trous de 6mm de diamètre dont la profondeur dans les tissus sains ne doit pas dépasser le 1/3 du diamètre du stipe et répartis régulièrement en hélice sur sa circonférence. La société Syngenta impose à ses applicateurs l’utilisation d’un pistolet injecteur en circuit fermé délivrant des doses précises de produit sous faible pression. Après injection, les applicateurs de Syngenta obturent les trous avec des chevilles de bois.
Un seul traitement annuel étant nécessaire pour protéger le palmier, cela facilite les propriétaires privés à s’engager dans une lutte collective avec le minimum de contraintes et permet de traiter les palmiers situés dans les résidences secondaires. Cela réduit également les coûts du traitement (déplacements et MO).

Concernant la technique de l’injection : dans son avis du 3 avril 2012, l’Anses considère que « l’injection de produits de traitement contre le CRP dans le stipe du palmier est de nature à rendre négligeable l'exposition des personnes vivant ou circulant au voisinage des palmiers traités ainsi que celle des organismes de l'environnement, notamment les pollinisateurs ».

 Concernant l’injection d’émamectine benzoate : en réponse à la saisine de la DGAL 2015 SA-0198 concernant les traitements à mettre en oeuvre dans le cadre de la lutte contre le charançon rouge du palmier, l’Anses, dans son Avis du 26 février 2016, conclut que « ... seule la stratégie de lutte par injection dans le stipe d’un produit phytopharmaceutique à base d’émamectine benzoate peut être actuellement retenue.. ».

 

3.3 Contraintes liées au respect de l’environnement.

 L’Anses, dans son Avis du 14 janvier 2015, considère que l’impact de l’injection d’émamectine benzoate est acceptable pour l’environnement.

 - Protection des personnes : les contraintes s’appliquent essentiellement aux professionnels applicateurs qui sont les seuls à pouvoir être en contact avec le produit et doivent respecter les mesures de protection (port d‘un équipement individuel de protection, de gants, combinaison, lunettes de protection ).
 - Délai de rentrée : aucun, compte tenu du mode d’application par injection.
 - Protection des organismes aquatiques : aucun risque compte tenu du mode d’application par injection.
 - Protection des oiseaux et des mammifères : aucun risque compte tenu du mode d’application par injection.
 - Protection des abeilles : le produit serait dangereux pour les abeilles s’il pouvait se retrouver dans le pollen ou dans le nectar. Des recherches ont été effectuées par l’Anses dans le pollen sans pouvoir en détecter la présence (Avis Anses du 29 janvier 2014  ).Dans ce même Avis, l’Anses considère que : «  ..Les risques pour les abeilles liés à l’exposition par consommation de pollen sont considérés comme acceptables.. » mais qu’.. « En revanche, les risques pour les abeilles liés à l’exposition par consommation de nectar ne peuvent être considérés comme acceptables .. .. afin de limiter l’exposition des abeilles, il conviendra de supprimer les inflorescences avant la floraison des palmiers chaque année pendant toute la durée du traitement et, à titre de précaution, au moins un an après l'arrêt de celui-ci ..»
Or seuls les palmiers femelles ont des glandes nectarifères sauf ceux de l’espèce Phoenix qui n’en possèdent pas. Pour eux ce risque n’existe donc pas. Comme ce sont les palmiers qui sont les plus vulnérables aux attaques du charançon ce sont ceux qu’il convient de traiter en priorité dans le cadre d’une lutte collective. Pour les autres palmiers, les inflorescences devront être supprimées.

 - Protection des organismes vivants dans les sols : étant véhiculé par la sève montante, le produit ne peut pas se retrouver dans le sol.

 

3.4 Risques pour les palmiers injectés. 

L’injection blesse le palmier puisqu’elle nécessite le perçage de 4 trous différents chaque année de traitement.
Les risques potentiels sont connus  :
 a) Fragilisation de la structure mécanique du palmier si un grand nombre de trous est réalisé dans une zone limitée du stipe.
La structure fibreuse du palmier est très résistante et de nombreux palmiers ont subi des agressions mécaniques importantes sans que leur structure soit fragilisée. Par contre la fragilisation de la structure d’un palmier infesté par le charançon peut avoir des conséquences graves pour la sécurité publique comme la chute de tout ou partie de la tête d’un palmier des Canaries ou l’effondrement imprévisible et brutal d’un palmier dattier. Ce risque est de loin le plus important lorsque les palmiers ne sont pas traités avec un produit suffisamment efficace.
Aucune anomalie constatée par les applicateurs sur les milliers de palmiers traités avec Arecap depuis 2016.
 b) Création de portes d’entrée pour des champignons et bactéries.
Pour éviter ce risque, tous les applicateurs doivent désinfecter le foret au moment de l’injection.


Par ailleurs, le palmier possède un système de défense qui lui permet de compartimenter à la suite d’une blessure c’est à dire de créer une barrière de protection interne. Michel Ferry a apporté la réponse scientifique à cette question :«Le chercheur américain, A. Shigo, reste la référence mondiale de la question des blessures chez les plantes. La compartimentation chez les palmiers existe bien évidemment même si elle suit un processus plus simple que chez les arbres. Les quelques techniciens qui ont prétendu le contraire n’ont pas compris que la compartimentation constituait une propriété indispensable à la survie des espèces végétales pérennes. » .

 A noter que le nombre de cas de fusariose rapporté par les applicateurs Arecap sans qu’on puisse en déterminer la cause (*) est inférieur à 2/10000 .

(*) Toute intervention mécanique qui blesse le palmier, comme la taille des palmes, fait courir un risque de même nature lorsque les outils ne sont pas correctement désinfectés.

 c) Différents inconvénients liés à la pression de l’injection.

Michel Ferry s’est opposé à l’injection sous pression (voir note 2) pratiquée avec le pistolet injecteur de Syngenta pour plusieurs raisons:

- l'équipe de la station Phoenix a constaté l'existence d'un certain effet phytotoxique du produit qui se manifeste dans les tissus autour du trou d'injection. Il est réduit quand l'injection est faite par perfusion mais est très probablement plus prononcé quand le produit est injecté sous pression même faible (2 kg/cm²) ;

- aucune étude scientifique sur la base de bio-essais ou d'expérimentations en conditions réelles n'avait été publiée (et ne l'a toujours pas été) sur l'efficacité de l'injection sous pression avec ce pistolet alors que la littérature scientifique prouve combien la méthode d'injection interfère sur l'efficacité des traitements (3) ;

- une partie du produit est piégée dans les tissus parenchymateux autour du trou d'injection, les tissus morts ou nécrosés par le produit, les bases de palmes ;

- le recours à un système d'injection sous pression conduit à des propositions de pistolets injecteurs inutilement sophistiqués et coûteux ;

- en raison de l'effet phytotoxique et de la blessure provoquée, le recours aux techniques d'injection, comme souligné dans la plupart des publications à ce sujet, doit être réalisé avec une certaine prudence et ne peut pas être répété pendant un temps indéterminé (3).

Le CMSP a souligné à de multiples reprises que les applicateurs devaient s’assurerd’une distance minimum de 15 à 20cm entre deux trous réalisés des années différentes pour éviter la formation de caries qui pourraient entraîner unee faiblesse sde la résistance mécanique du stipe. Une attention particulière doit être portée aux palmiers patrimoniaux de grande hauteur pour lesquels ce risque doit être évalué au cas par cas.

Le recours à cette technique ne doit être conçu que dans l'objectif d'obtenir l'éradication du ravageur ou sa régression sous un seuil économiquement acceptable.

d) Limitation de l’utilisation de l’injection dans le temps.

Voir la réponse de Michel Ferry le 19 janvier 2018 sur le site Collectif-Propalmes-Méditerranée concernant « La question des risques éventuels après trois années d'injection (traitements des palmiers à l'émamectine benzoate) » (https://propalmes83.com/index.php/billet-scientifique-et-bibliographie/151-palmiers-la-question-des-risques-eventuels-apres-trois-annees-d-injection).

Afin de limiter l’ utilisation de l’injection dans le temps et d’éviter d’une part la répétition des blessures et d’autre part la dispersion inutile et abusive du Revive, Michel Ferry aa souhaité que le produit ne soit autorisé que dans le cadre d’une lutte collective ayant pour but de faire baisser drastiquement la population de charançons pour pouvoir ensuite l’éradiquer. Il a démontré (publication lors de la conférence CIHEAM à Bari 23-25 octobre 2018) que cet objectif est atteignable à condition de traiter simultanément pendant 3 ans 75 % des palmiers sensibles d’un territoire. Les CRP peuvent ensuite être éradiqués des foyers d’infestation résiduels en utilisant des traitements biologiques (nématodes par exemple).

 

3.5 Coût d’un traitement annuel pour un palmier.

 En 2025, le prix forfaitaire d’un traitement par injection d’un Phoenix canariensis ou dattier traité dans le cadre d’une lutte collective validée par le ministère est de 80,40€ TTC /palmier/an incluant traitement et déplacement. Hors lutte collective, lorsque le traitement est ordonné (traitement des palmiers infestés après assainissement et traitement préventifs individuels des palmiers hors zone méditerranéenne le prix forfaitaire était de 120€ TTC/palmier/an.

Le traitement ne nécessite que quelques minutes de main d’oeuvre par palmier (5 mn en moyenne pour des palmiers groupés et moins de 10mn dans le cas d’un palmier isolé) et peut-être réalisé facilement quels que soient l’emplacement et les difficultés d’accès au palmier sans avoir besoin de perches, d’échelles ou d’engins (élévateur /nacelle).

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